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https://wodka.over-blog.com/2021/07/ahmadou-kourouma-en-attendant-le-vote-des-betes-sauvages.html?utm_campaign=_ob_pushmail&utm_medium=_ob_notification&utm_source=_ob_email

 

J’ai acheté « Un été avec Rimbaud » parce que j’aime la personnalité et les livres de Sylvain Tesson c’est un grand voyageur, aventurier, bon vivant, poète philosophe, et vrai dans sa quête d’absolu ; il ne pouvait donc pas passer à côté de l’âme même de Rimbaud ! Et ce livre est en tous points un bijou :  un lapidaire Tesson pour polir l’œuvre de celui qui l’a taillée, le lapidaire Rimbaud ! :

Il commence une journée triste et grise d’octobre et non en été… (j’ai découvert après coup qu’ »un été avec Rimbaud » était une suite d’émissions proposée par France Inter sur plusieurs semaines l’été 2020 ( toujours audibles-voir lien ci-dessous); je ne les avais pas écoutées ! et je peux vous dire que même si l’écoute en est agréable et instructive -et gagnera pour l’auditoire l’avantage de la vulgarisation de l’œuvre rimbaldienne, et de celle de la verve tessonnienne- toutefois cette suite n’a pas la fraîcheur la fragilité de la concision de ce petit opus)

Une fois ouvert on ne peut plus le quitter qu’à regret, tant les voyageurs Arthur et Sylvain sont en eux-mêmes des voix, qui gravent des microsillons audibles à notre conscience et dans un rythme tantôt allegro tantôt lento, mà non troppo ! Et, l’aiguille  (diamant appelions-nous autrefois cette aiguille!) qui passe ou repasse sur ces microsillons peut bien faire des sauts pour laisser de côté une piste,  nous devenons cette aiguille qui sillonne les méandres du passé Rimbaldien pour comprendre au présent pourquoi et comment pour toute personne qui se prétend poète ou sensible à la poésie, cette oeuvre peut résonner si fort encore et encore !

 

Les cloches rimbaldiennes et tessonniennes se mêlent : matinales méridiennes vespérales ? A votre guise !

Absolues dans la profondeur de leurs échos pour sonner le glas !  Rimbaud celui de sa propre mort artistique dans sa recherche d’absolu. Et Tesson celui de l’homme emprisonné : quel témoignage poignant que cet homme qui au 21 ème siècle en pleine pandémie décide de partir marcher pour suivre les traces de Rimbaud …décision folle ou décision sage ?

 

Recherche d’absolu ! Oui ! Là où la poésie se trouve…et qu’elle trouve à expliquer « l’inexplicable ».

 

Un extrait de l’avant-propos ci-dessous :

 «  Au début de l’année 2021, nous pouvions nous mouvoir à peu près librement sur le territoire européen à condition de prouver à l’administration que nous étions sains de corps. Avec mon ami Olivier Frébourg, nous décidâmes de partir quatre jours répéter à pied la fugue d’Arthur Rimbaud d’octobre 1870. C’était un projet simple.Le lundi, on prit un train de huit heures vingt de Paris à Charleville-Mézières. Après le test sanitaire, passé dans un laboratoire du centre-ville, il suffisait de rejoindre Bruxelles par Charleroi, en nous  appuyant surles quelques éléments biographiques dont nous disposions.  Rimbaud était allé en train à Fumay, puis il était passé par Givet, avait franchi la frontière discrètement, s’était arrêté à Charleroi et avait marché vers Bruxelles. Nous avions peu d’informations, mais cela suffisait.

Lire Arthur Rimbaud vous condamne à partir un jour sur les chemin. Chez le poète des Illuminations  et d’Une saison en enfer, toute la vie s’organise dans le mouvement. Il s’échappe hors de l’Ardenne, cavale dans la nuit parisienne, court après l’amour en Belgique, se promène à Londres puis s’aventure à mort sur les pistes d’Afrique.

La poésie est le mouvement des choses. Rimbaud se déplace sans répit, change de point de vue. Ses poèmes sont des projectiles. Cent cinquante ans plus tard, ils nous atteignent encore. Quand le monde se fige, c’est la mort. Aucune mort ne survit au formol. Voyez les quarantaines sanitaires.

Avec Frébourg, nous avions fait un effort logistique et jeté quelques objets dans nos sacs : des cigares, deux parapluies; et pris chacun des livres, lui Verlaine, Pirotte et Cliff, moi Rimbaud et Lord Byron. Avec les boîtes de sardines et une lampe frontale, c’était suffisant pour cent trente kilomètres.

Quelle joie de cheminer avec un compagnon en pleine congélation techno-sanitaire. On part le matin, on marche sans s’arrêter, on converse toute la journée, on déjeune sur un talus en regardant les échassiers, on passe les paysages en revue comme les tableaux au musée, et le soir on a enlevé quarante kilomètres avec le sentiment d’avoir enfin accompli quelque chose. Alors, c’est la halte dans un hôtel d’une ou deux étoiles, sur la place d’un village. On boit du thé dans la chambre en écrivant sur un calepin les souvenirs de la journée. C’est un plaisir modeste et total , partout accessible car n’importe quelle route fait l’affaire. Quelle étrange chose que toute la population ne sorte pas marcher sur les routes !"

https://www.franceinter.fr/emissions/un-ete-avec-rimbaud